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La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l’école fut hautement proclamée par les colonisateurs français mais qu’en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut durablement établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l’école s’imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation nécessaires à la bonne participation des colonisées au projet colonial. La conquête morale accompagna la conquête par les armes, les écoles ouvrirent alors que la poudre du canon fumait encore. Très vite, les limites apparurent,  il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoquèrent les déceptions et la colère des colonisés. Carole Reynaud-Paligot, dans cette étude rigoureuse loin de l’histoire légendaire encore mobilisée aujourd’hui, révèle la pratique quotidienne de l’administration coloniale, les mobiles et la mise en pratique du projet éducatif mais aussi les doutes, les craintes, les obsessions, l’entêtement d’une partie des acteurs politiques à maintenir coûte que coûte un enseignement différencié et à priver les colonies d’une culture émancipatrice. C’est aussi le long combat que menèrent les populations colonisées pour bénéficier d’un droit à l’éducation égal à ceux des enfants de colons que retrace ce livre.

Carole Reynaud-Paligot enseigne la sociologie à l’Université de Bourgogne, elle est chercheure associée au Centre de recherche en histoire du XIXe siècle de l’Université de Panthéon-Sorbonne, Paris 1. Autrice de nombreux ouvrages, elle  s’est fait reconnaître comme une spécialiste de l’histoire culturelle, sociale et politique avec notamment Parcours politiques des surréalistes (CNRS éditions,1995), La République raciale (PUF, 2006), Race, racisme et antiracisme dans les années 1930 (PUF, 2007), De l’identité nationale. Science, race et politique (PUF, 2011), On vient vraiment tous d’Afrique ? Des préjugés au racisme (avec E.Heyer) (2019).

Carole Reynaud-Paligot, Les Fondateurs de la sociologie et de l’anthropologie : méthodologie du commentaire de document, EUD, janvier 2021.

Ces dix textes jalonnent l’histoire des deux disciplines : la sociologie et l’anthropologie. De Karl Marx à Pierre Bourdieu en passant par Paul Broca, Emile Durkheim, Max Weber, Herbert Spencer, Lewis Morgan, Franz Boas, Lucien Lévy-Bruhl, Denise Paulme.

Ces textes nous invitent à découvrir des auteurs majeurs de ces disciplines tout en nous présentant les évolutions épistémologiques et méthodologiques qui ont bouleversé la science du social du XIXe au XXe siècle, des évolutions fondamentales qui ont permis la naissance des sciences sociales mais qui ont aussi profondément changé le regard sur l’altérité lointaine, de la « science des races » au relativisme culturel.

Ce livre possède également un intérêt méthodologique puisqu’il permet d’acquérir la méthode du commentaire de textes. L’étudiant est ainsi guidé dans un apprentissage fondamental : sélectionner des informations, les organiser en un plan cohérent, expliquer le texte, rédiger une introduction et une conclusion.

Cet ouvrage élargit la culture générale de tout étudiant et lui donne des bases méthodologiques indispensables à sa réussite à l’université.

« On vient vraiment tous d’Afrique ? » Des préjugés au racisme: les réponses à vos question.

En révélant la part de construction sociale qui préside au racisme, le livre propose des réponses simples et éclairées par les sciences biologiques et sociales à des questions que chacun.e se pose.

https://editions.flammarion.com/Catalogue/champs-actuel/on-vient-vraiment-tous-dafrique

La République raciale 1860-1930

Des années 1860 aux années 1920, savants, hommes politiques, administrateurs coloniaux ont partagé une culture raciale commune.

https://www.puf.com/content/La_R%C3%A9publique_raciale_1860-1930

Parcours politique des surréalistes 1919-1969

Loin de se réduire à un mouvement littéraire et artistique, le surréalisme intègre une véritable dimension politique.

https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/parcours-politique-des-surrealistes/

Nous et les autres des préjugés au racisme

Qu’est ce que le racisme ? Pourquoi le racisme se manifeste-t-il ? Tous les Hommes sont-ils racistes ? Ce livre se révèle un véritable outil de lutte contre le racisme.

https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Nous_et_les_autres-9782707195777.html

De l’Identité nationale science, race et politique en Europe et aux Etats-Unis XIXe-XXe siècle

À partir des années 1850, une véritable « internationale raciologique » voit le jour au sein des sociétés occidentales : des sociétés savantes apparaissent, des cours sont dispensés, des revues et des ouvrages sont publiés, des musées exposent des collections de crânes, des cerveaux momifiés aux côtés d’objets ethnologiques. Animée par une approche classificatoire, cette nouvelle science se dote de méthodes et d’outils anthropométriques afin d’appréhender la diversité physique et culturelle de l’homme.

https://www.puf.com/content/De_lidentit%C3%A9_nationale

Races, racisme et antiracisme dans les années 1930

https://www.puf.com/content/Races_racisme_et_antiracisme_dans_les_ann%C3%A9es_1930

Ta race ! Moi et les autres de Marie Desplechin et Betty Bone avec la collaboration d’Evelyne Heyer et Carole Reynaud-Paligot

Les progrès enregistrés par les sciences de la vie sont appelés à modifier nombre de nos conceptions relatives à la personne humaine et à la société. Mais alors qu’il existe une riche littérature théorique sur ce sujet, peu d’études avaient jusqu’à ce jour été consacrées aux pratiques résultant des appropriations sociales de ces savoirs. L’objectif principal de ce livre est de contribuer à combler cette lacune, grâce aux contributions de chercheuses et chercheurs issus de différentes disciplines (neurosciences, sociologie, histoire, sciences de l’information et de la communication…). Il révèle une tendance, perceptible depuis quelques décennies dans nos sociétés, à « biologiser le social ». L’importation de grilles d’analyses et d’action inspirées par les sciences biologiques touche en effet un nombre grandissant d’univers, des débats autour du genre, de la race, du transhumanisme ou de la souffrance sociale, aux pratiques en mutation dans les domaines de la santé mentale, du sport, de l’éducation, du marketing ou du droit. À partir d’études de cas concrets, ce livre réexamine les relations entre recherche, idéologie scientifique et ingénierie sociale, à l’heure où la biologie s’inscrit durablement dans l’horizon mental de notre temps.

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